Ann-Helén Laestadius
Traduit du suédois par Anna Postel
Editeur : Robert Laffont Réserver ou commander
Dans les années 1950 , les enfants des Samis, peuple autochtone d'éleveurs de rennes installé dans le nord de la Suède, sont contraints de quitter leurs parents et leur village pour intégrer une école pour nomades où tout est mis en œuvre pour les couper de leur langue, de leur culture, de leurs traditions... Else-Maj, Jon-Ante, Marge, Anne-Risten, Nilsa et bien d’autres enfants âgés d’à peine sept ans se retrouvent dans un internat tenu de main de fer par une directrice bien décidée à en faire de vrais citoyens suédois. Interdiction de parler sami, brimades constantes, punitions corporelles, les conditions de vie sont effroyables. Trente ans plus tard, ces gamins devenus adultes tentent de se construire un avenir, tiraillés entre le désir de renouer avec leurs racines et la difficile intégration dans une société où le racisme anti-lapon est bien ancré. Une roman bouleversant sur une réalité méconnue.
Philippe Forest
Editeur : Gallimard Réserver ou commander
« Toujours, le temps rattrape ceux qui ont cru lui échapper. L’âge importe peu. Jeune ou vieux, quand l’hiver est venu, l’hiver de l’esprit, celui qui ensommeille la vie, on se dit malgré tout qu’un jour ou l’autre reviendra le printemps. C’est lui que le jeune peintre attend. Comme je l’attends aussi. Souvent on passe sa vie à l’attendre. Aussi jeune ou aussi vieux que l’on soit. Jusqu’à la fin. C’est lui qu’espère toujours quiconque veut croire que, un jour ou l’autre, commencera ou recommencera sa vie. »
Dans « Et personne ne sait », le narrateur nous raconte, en se souvenant d’un livre puis d’un film, la rencontre entre un peintre et une enfant seule. Le peintre ne croit plus en son art, ou peut-être encore un peu, il ne sait plus. Une nuit d’hiver, c’est presque Noël, il croise une petite fille de six ans. Qui, au fil de ses différentes apparitions, grandira à chaque fois jusqu’à devenir jeune femme. Tout est étrange, tout est possible et de leurs rencontres vont naitre des portraits toujours plus beaux et mystérieux.
C’est un livre sur les frontières, entre le rêve et le réel, entre le dedans et le dehors, entre le passé et le présent, entre la mort et peut-être l’éternité. A quel moment, tout près de la mort ou tout près de la vie, se dit-on que tout peut finir et que tout peut recommencer ? L’écriture y est feutrée, elle nous chuchote sa beauté, la douceur familière des images ou des histoires. C’est un roman qui rappelle la splendeur des livres pour enfants ou des contes de Noël, l’émerveillement, le vertige, les moments de bascule où après avoir perdu son chemin, tout réapparait, tout renait.
Il y a la lumière singulière de l’hiver, New-York sous la neige, la beauté des tableaux inventoriés au fil des pages, et la douceur de lire un conte qu’on nous chuchoterait avant que la nuit tombe. Pour entrer dans le noir sans avoir peur. Splendeur.

Ilaria ou la conquête de la désobéissance (Gabriella Zalapi. Editions Zoé, 17€) : Un jour de juin 1980, le père d'Ilaria, 8 ans, vient la chercher en voiture à la sortie de l'école mais ne la ramène pas à la maison. Commence alors une cavale désordonnée, d'aires de parking en hôtels miteux, racontée à hauteur d'enfant par Ilaria, tiraillée entre sa loyauté vis-à-vis de son père et sa propre peur. Rien n'échappe au regard de la petite fille des manquements et des mensonges du père, et pourtant leur errance est traversée par des moments de joie pure. En phrases courtes, avec une grande acuité psychologique et des sensations finement décrites, Gabriella Zalapi fait battre notre coeur à l'unisson d'Ilaria, cette enfant qui voit tout et ressent tout .
Le rêve du jaguar (Miguel Bonnefoy, Rivages, 20€90) : S'inspirant du destin exceptionnel de ses grands-parents, Miguel Bonnefoy tisse une saga familiale flamboyante sur fond d'Histoire du Vénézuela. On y retrouve toute la splendeur de l'Amérique Centrale, de ses forêts luxuriantes, de ses légendes pittoresques et de ses personnages hauts-en-couleur.
Après "Le voyage d'Octavio", "Héritage", ..., Miguel Bonnefoy nous éblouit encore par la force de son imaginaire et son art de conteur proprement magique.
La petite bonne (Bérénice Pichat, Les avrils, 21€20) : En France, dans les années 30, la petite bonne est au service de plusieurs familles bourgeoises, dont les Daniel. Monsieur est un ancien pianiste et une gueule cassée de la Grande Guerre, mutilé et aigri. Madame a renoncé à toute vie mondaine pour s'occuper de son mari. A-t-elle bien fait? Pour quels bénéfices ? Exceptionnellement Madame part en week end et il n'y aura que la petite bonne pour rester avec Monsieur.
Le lien inattendu qui se crée entre ces êtres, l'alternance des points de vue, marqué par des différences de style, la délicatesse des sentiments, la force des silences et la lumière auréolant ce petit bout de femme, la confrontation bouleversante et le beau dénouement font de ce premier roman une perle de beauté, de profondeur et d'humanité.
La vie qui reste (Roberta Recchia, trad. de l'italien, Istya, 22€) : Il y a l'avant et l'après, "La vie qui reste". Avant, il y a une belle histoire d'amour entre Marisa et Selvio et un bonheur familial simple avec leurs deux enfants. Tout s'arrête l'été 80 lorsque Betta, 15 ans, leur ado lumineuse, est assassinée sur une plage. Après cela, comment ne pas sombrer ? Marisa s'englue dans sa tristesse tandis que Selvio noie son chagrin dans la boisson. Et que dire de la cousine de Betta, présente lors de ces événements et qui porte un lourd secret ? Avec beaucoup d'empathie, une belle simplicité dans l'écriture, Roberta Recchia trouve le ton juste, la note d'espoir au milieu de cette histoire dramatique. C'est surtout très belle histoire d'amour, de résilience, de rencontres qui vous forcent à avancer.

Intermezzo (Sally Rooney, trad. de l'anglais (Irlande), Gallimard, 22€) : Quatrième roman de la romancière irlandaise de "Normal People", "Intermezzo" marque encore un pas dans l'oeuvre de Sally Rooney tant elle atteint dans ce livre une densité et une profondeur exceptionnelles. On y suit l'histoire de deux frères, après le décès de leur père. Dix ans les séparent, mais c'est surtout leur différence de personnalité qui crée incompréhension et ressentiment entre eux : Ivan a 22 ans, est très mal à l'aise dans ses relations, est un génie des échecs mais ne perce pas dans le milieu. Peter, quant à lui, le plus âgé, est un avocat brillant, charismatique et séducteur. Cette période de deuil qu'ils traversent réveille les griefs anciens et font se bousculer les émotions. Avec une extrême finesse, Sally Rooney saisit ce moment charnière et rend palpable, vivant, la beauté et la complexité du lien fraternel dans notre monde contemporain.
Propre (Alia Trabucco Zeran, trad. de l'espagnol (Chili), Robert Laffont, 20€90) : Estela est bonne à tout faire au service d'un couple aisé et de leur petite fille. Elle fait le ménage, le service et s'occupe de la fillette. Elle s'occupe de tout et connait tout de la vie de ses employeurs. Elle-même n'a pas eu l'occasion de vivre la sienne. Maintenant, la fillette est morte et Estela nous explique, avec lucidité et un certain détachement, les dessous peu brillants derrière la belle façade bourgeoise et l'enchainement fatidique qui a mené à cette fin tragique. Un roman captivant, cruel et émouvant.
Maniac (Benjamin Labatut, trad. de l'anglais, Grasset, 25€10) : Un roman fascinant : l'écrivain chilien Benjamin Labatut a une manière unique de rendre vivante la science et d'en saisir les concepts les plus vertigineux. Le livre saisit trois moments clés de l'avancée des sciences, à travers l'histoire de trois chercheurs dont les intuitions sont tellement abyssales qu'elles outrepassent la raison. Ehrenberg, physicien écrasé par le concept d'incertitude ; Von Neuman, esprit sans cesse en mouvement dont les théories seront décisives (et irréversibles ?) pour l'humanité ; et Lee Sedol, champion de go battu par une intelligence artificielle. En interrogeant notre rapport à l'IA, ce roman pose des questions métaphysiques, nécessaires et angoissantes. Comment l'auteur fait-il de cette matière un page turner impossible à lâcher? Mystère, mais c'est une réussite incontestable.
La lumière vacillante (Nino Haratishwili, trad. de l'allemand, Gallimard, 27€50) : À la manière d'Elena Ferrante, Nino Haratishwili nous offre une magnifique histoire d'amitié dans la Géorgie troublée des années 90, entre effondrement de l'URSS et quête de l'indépendance. Nene la romantique, Ira l'intellectuelle, Dina, la meneuse et Keto l'observatrice, autant de superbes personnages, qu'on suit dans leurs histoires d'amour, de trahison, de révolte..., leur quête d'indépendance, aux prises avec la tragédie de l'Histoire, et toujours unies par ce lien indéfectible d'amitié.

Les derniers sur la liste (Gregory Cingal, Grasset, 22€60) : D'une plume claire et précise, traversée parfois d'éclats lapidaires, l'auteur reconstitue l'incroyable évasion de trois officiers de renseignements alliés (dont Stéphane Hessel) du camp de Buchenwald en septembre 44. Cette histoire méconnue digne d'un roman d'espionnage nous montre la complexité de l'organisation des camps, avec ses rivalités, ses kapos corrompus, ses résistants, mais c'est surtout le révélateur de l'extraordinaire courage d'une poignée d'hommes. À la fois terrible et plein d'espoir.
Ocean State (Stewart O'Nan, trad. de l'anglais (E.U.), éd. de l'Olivier, 23€50) : Une jeune fille, Birdy, est assassinée. Dès les premières lignes, nous savons qui l'a tuée. Ce roman est si réussi, si accrocheur, si diabolique qu'il nous fait malgré tout tourner les pages avec avidité : comment des gamins peuvent-ils tuer l'un des leurs? Comment les familles peuvent-elles s'en remettre? Dans la petite ville américaine, la déflagration est à la fois immense et sourde... Un roman fascinant. De l'orfèvrerie.
La famille Ruck (Katja Schonherr, trad. de l'allemand, Zoé, 23€) : Une comédie familiale trépidante et acérée qui dit aussi très bien le temps qui passe, la transmission et l'amour qui circule coûte que coûte malgré les dissenssions! Un bonheur de lecture!
L'énigme de Turnglass (Gareth Rubin, trad. de l'anglais, 10/18, 22€) : Un polar original à aborder, à votre guise, dans deux sens possibles : une seule énigme pourtant qui relie les 2 intrigues, que vous commenciez par le côté vert - l'aventure d'un jeune médecin londonien qui découvre un terrible secret lors d'une visite à Turnglass House en 1881-, ou que vous débutiez par le côté rouge- en suivant l'enquête d'un jeune homme sur la mort d'un de ses amis, un écrivain californien dont le dernier ouvrage tête-bêche s'intitulait "L'énigme de Turnglass"... en 1939. Les indices présents dans les deux parties s'emboiteront pour faire émerger l'entière vérité, pour le grand plaisir des lecteurs avides de casse-têtes !

Leo (Deon Meyer, trad. de l'afrikaans, Gallimard, 23 €) : L'excellent Deon Meyer nous revient avec son duo d'enquêteurs attachants, désormais promus à l'unité Crimes graves du poste de Stellenbosch. À la suite du décès suspect d'un avocat, ancien soldat des forces spéciales, les voilà partis dans une enquête des plus complexes , tout en jouant un contre-la-montre pour déjouer les plans d'un vol d'envergure. Au fil de cette intrigue passionnante, Deon Meyer montre aussi la gangrène de la corruption sud-africaine .
Le bruit de nos pas perdus (Benoît Séverac, La manufacture de Livres, 18€90) : Sous ce beau titre et cette couverture évocatrice se cache un roman policier profondément humain. Nous y suivons une équipe de la Crim' à Versailles, autant de personnages attachants, avec leur force et leur faiblesse, leur difficultés privées ou professionnelles. En enquêtant sur deux affaires en parallèle – un cadavre, mort de mort naturelle a été retrouvé inhumé dans le caveau d'une honorable famille versaillaise et le suicide suspect d'une jeune femme sans histoire -, nos policiers se trouvent confrontés à bon nombre des maux de la société : les migrants, l'esclavagisme moderne, la solitude, la parentalité, … Le tout est servi par la très belle plume de Benoit Séverac.
Les stripteaseuses ont toujours besoin de conseils juridiques (Iain Levison, trad.de l'anglais (E.U.), Buchet-Chastel, 22 €) : Justin Sykes, un avocat qui tire le diable par la queue, se voit offrir mille dollars de l'heure pour offrir ses conseils aux filles d'un "gentleman's club". Une aubaine inespérée pour cet habitué des affaires minables. Mais peut-être devrait-il se poser quelques questions. Drôle et cinglant, Ian Levison s'attaque au système judiciaire américain à travers une comédie noire jubilatoire.
Le geste, la patience, la maîtrise, la transmission, l'innovation, l'audace, la passion ; autant de termes que l'on retrouve dans les livres sélectionnés ici et parlant de l'art sous toutes ses formes : artisanat, photographie, peinture, ...

Tissus (Edith Pauly, EPA, 60€): Edith Pauly nous embarque pour un voyage dans le monde fascinant des tissus aux formes, techniques et aux couleurs infinies. Richement illustré et très documenté, ce livre sera une somme précieuse pour tous les amateurs et un enchantement pour les curieux.
Le tour du monde du papier : créations, savoir, boutiques (Julie Auzillon, Pyramid, 35€) : Relieuse d'art passionnée, Julie Auzillon nous entraîne dans un tour du monde à la découverte du papier sous toutes ses formes. Ponctué de précieuses informations sur l'Histoire, les techniques, les spécificités culturelles, ce voyage nous fait découvrir des ateliers d'artistes contemporains pour qui le papier est une source d'inspiration infinie.
Le café de Van Gogh (Bernadette Murphy, Actes Sud, 25€) : Bernadette Murphy connaît très bien l'univers de Vincent Van Gogh. Pendant sept ans, elle a enquêté sur les événements du 23 décembre 1888, lorsque le peintre s'est coupé l'oreille. Dans "L'oreille de Van Gogh. Rapport d'enquête" publié chez Actes Sud en 2017, elle avait livré le récit des ses années de recherches digne d'un roman policier. Dans ce nouvel ouvrage, elle poursuit son étude sur les relations de Van Gogh à Arles en évoquant une dizaine de modèles ayant posé pour le peintre. Des anonymes dont les portraits sont aujourd'hui admirés par des millions de visiteurs dans les plus grands musées du monde.

Voyage dans le monde du parfum. Le musée des senteurs (Mandy Aftel, Nuinui, 35€) : Poursuivons nos pérégrinations autour du globe en nous intéressant à présent au monde secret des parfums. Mandy Aftel, parfumeuse de renommée internationale, nous propose un ouvrage particulièrement intéressant qui nous révèle tous les secrets des fragrances envoûtantes.
Le roman des artistes. Volume 1 : Romantismes (Dan Franck, Grasset, 24€10) : Dan Franck nous avait enchantés avec sa trilogie "Le temps des Bohèmes" mettant en scène le Paris bouillonnant de Picasso, Braque, Modigliani, ... Voici le premier volume d'une nouvelle série qui comportera quatre tomes et qui nous racontera la vie artistique et littéraire de 1820 à 1885, période marquée par les révolutions de 1830, 1848 puis la Commune. Absolument passionnant.
Curieux Musées : Collections insolites du monde entier (Patrick Braud, Dunod, 29€15) : Partout dans le monde, il y a de grands musées dont la visite est incontournable lorsqu’on a la chance de déambuler dans leurs parages, mais il y a surtout un nombre incalculable de petits musées insolites par leur architecture, leur thématique, leur collection, leur histoire dont la visite laisse souvent un souvenir impérissable. C’est à ces lieux originaux que Patrick Braud consacre cet ouvrage drôle et intrigant.

Les Arts moghols (Corinne Lefèvre, Citadelles & Mazenod, 185€) : On connaît la qualité des ouvrages édités par Citadelles & Mazenod et ce dernier opus consacré à l'art moghol est dans la lignée des grands titres de la collection. Un collectif de spécialistes internationaux dresse un panorama complet de l'art sous l'empire moghol (1526 – 1857). Magnifique et captivant.
Figures du fou : du Moyen Age aux romantiques (Collectif,Gallimard, 45€) : Catalogue de l'exposition qui se tient au Musée du Louvre jusqu'au 3 février 2025, Figures du fou. Du Moyen Age aux Romantiques est un album richement illustré, au texte très documenté. Présentant plus de 300 œuvres aussi diverses que des sculptures, des enluminures, des médailles, des tapisseries qui toutes illustrent la figure du fou, personnage central de l'iconographie médiévale.
Le Ciel des peintres (Daniel Bergez, Citadelles & Mazenod, 65€30 ) : Comment représenter le ciel, son infinité, sa lumière, sa profondeur, ses couleurs ? Du Moyen Age à l’Époque Contemporaine, Daniel Bergez a étudié les œuvres de plus de 80 peintres et nous présente un parcours thématique étonnant, riche en réflexions esthétiques, techniques, philosophiques, spirituelles, scientifiques.

Les femmes photographes sont dangereuses (Laure Adler et Clara Bouveresse, Flammarion, 29€90) : Laure Adler poursuit sa passionnante série sur les femmes déclinée depuis plusieurs années sur diverses thématiques en se penchant, cette fois, sur le destin des femmes photographes. Plus de 60 artistes sont présentées, des pionnières aux contemporaines.
Caillebotte : peindre les hommes (Collectif, Hazan, 45€20) : Tout le monde connaît le célèbre tableau "Raboteurs de parquet", peint par Gustave Caillebotte en 1875, mettant en scène des ouvriers en plein travail. La figure masculine est au centre de l’œuvre du peintre auquel le Musée d'Orsay consacre une importante exposition jusqu'au 19 janvier 2025.
Le geste créateur. L'esquisse dans les collections des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (Collectif, Musée Royaux des Beaux Arts de Belgique, 55€) : Comme l’écrit Kim Oosterlinck, directeur général des Musées Royaux des Beaux Arts, dans son introduction : « L’exposition invite à la réflexion sur l’importance du rôle que joue l’esquisse dans la création artistique (…). Elle met en avant la diversité de formes que les esquisses peuvent prendre (…). ». On retrouve dans ce catalogue toute l’originalité de cette exposition qui se tient jusqu’au 16 février 2025.
