Valerio Varesi. Trad. de l'italien
Agullo, 313 pages, 24.40€
La pension de la via Saffi est un roman policier avec un commissaire, un crime, des suspects... Mais c'est avant tout un magnifique roman d'ambiance au coeur d'un quartier populaire de Parme. Tout commence quelques jours avant Noël. Le commissaire Soneri traverse un phase de mélancolie profonde. Comme chaque année, à l'approche des fêtes, il repense à son épouse, Ada, décédée bien trop jeune dans des conditions tragiques. C'est alors qu'une vieille dame vient signaler la disparition de sa voisine, Ghitta. Cette dernière, Soneri la connait bien, c'était la propriétaire de la pension pour étudiants où logeait Ada lorsqu'elle fréquentait l'Université de Parme. C'est dans la pension de la via Saffi que Soneri et Ada se retrouvaient, entourés d'autres jeunes, pour refaire le monde et bâtir des projets pour leur avenir. Ghitta était un peu comme une deuxième maman pour tous ces jeunes venus de la campagne étudier en ville. Ghitta n'a pas disparu, elle a été assassinée, sauvagemment. Qui pouvait bien en vouloir à cette gentille vieille dame ? Soneri se replonge avec douleurs dans le passé et découvre alors que Ghitta avait aussi un autre visage, bien plus sombre ! Obligé d'arpenter à nouveau son ancien quartier, le commissaire mesure les changements survenus à Parme comme dans toute l'Italie, et pose un nouveau regard sur son propre passé.
Jane Harper, trad. de l'anglais (Australie),
Kero, 395 pp., 22€35
Au coeur de l'Australie, la canicule a entrainé une vague de sécheresse sans précédent. Les agriculteurs sont désespérés et au bord de la faillite. L'un d'eux craque, tue sa femme et son fils avant de retourner l'arme contre lui. Seul le bébé a survécu au massacre. Le village est en émoi. Comment a-t-il pu en arriver là? Seuls les parents du meurtrier ne veulent pas croire à ce scénario. Et si tout cela n'était qu'une mise en scène? Incendiaire et passionnant!
Graham Swift, trad. de l'anglais
Gallimard, 142 p., 14.50€
Comme chaque année, en ce jour de mars 1924, les domestiques ont droit à un dimache de congé pour rendre visite à leur mère. Orpheline, Jane, la jeune femme de chambre des Niven, rejoint chez lui Paul Sheringham, son amant secret, fils d'une de ces grandes familles britanniques. Le manoir n'est que pour eux deux, le temps de ce qui sera leur dernière journée car Paul doit se marier prochainement à une riche héritière.
Un court roman qui, sans jamais sacrifier le sens de l'intrigue, en dit tant sur l'intériorité des êtres, la société de l'époque, les classes sociales, le deuil, la lecture, l'amour qui ne dit pas son nom,... Un auteur rare, qui rend palpable chaque sensation, chaque émotion. C'est juste parfait!
Lauren Groff, trad. de l'anglais (E.U.)
Ed. de l'Olivier, 427 p., 23.50€
C'est une histoire d'amour parfaite: ils sont jeunes, ils sont beaux, intelligents, séduisants et c'est le coup de foudre immédiat. Lotto et Mathilde se marient à 22 ans. L'avenir semble radieux et même si la carrière d'acteur de Lotto ne démarre pas, il deviendra finalement un dramaturge célèbre. Mathilde est le soutien inconditionnel de son mari qui l'idolâtre pour sa pureté.
Ils semblent donc nager dans le bonheur le plus pur, presque écoeurant tant ils semblent se suffire à eux-mêmes, mais quand, dans la seconde partie du livre, leur histoire est vue par l'oeil de Mathilde, ce bonheur parfait apparait comme un gouffre sans fond, pavé de chausse-trappes et de faux semblants. Et le récit de cet amour -véritable!- se mue en thriller.
