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Gianfranco Calligarich, trad. de l'italien par Laura Brignon
Gallimard, 215 p., 20€

dernieretevilleC'est un étrange destin qu'a connu ce roman, paru en Italie en 1973, édité trois fois, épuisé autant de fois, recherché par les connaisseurs sur les étals des bouquinistes, et enfin traduit et édité en français en 2021.
Et c'est un enchantement : enchantement de déambuler dans la Rome des années 60, celle de la Dolce Vita, de ses rues, ses bars, ses places, son fleuve, en suivant  les pérégrinations de Leo Gazzara, journaliste à la dérive, sans ambition, sans argent, entre déboires sentimentaux, échec, alcool et résignation tranquille ; enchantement de l'écriture également, nostalgique, légère et désespérée à la fois. 

Plus d'informations sur ce coup de coeur ici.

Tiffany Tavernier
Editions Sabine Wespieser, 262 p. 21€

amitavernierSUn roman psychologiquement puissant...
Un matin, la maison de Thierry et Elisabeth est soudainement encerclée de gendarmes, lourdement armés, d'ambulances, de voitures de police. L'incompréhension et la peur submergent le couple : c'est un tsunami. Et puis la vérité peu à peu fait face. Leur voisin, Guy, avec qui ils sont amis, et confidents, avec qui ils ont tant partagé, s'avère être un assassin en série, qui a kidnappé, torturé et assassinée plusieurs jeunes filles depuis des années. Le monstre était à leur porte et ils n'ont rien vu. C'est ce fracas psychologique que Tiffany Tavernier interroge avec une grande finesse. Thierry va disséquer le passé : comment a-t-il fait pour ne rien soupçonner, ne rien voir ou ne rien entendre ? comment ne pas se sentir sale ou coupable ? Thierry va cheminer dans la douleur, la colère ; son épouse, dans le mutisme et la distance. En adoptant le point de vue du voisin (peu commun dans les romans criminels), l'auteure questionne en profondeur les notions de traumatismes, de liens et de réparation.

Laurent Bénégui
Julliard, 308 pages, 20€

retouracubasLaurent Bénégui a toujours entendu parler du destin hors du commun de son grand-père, Léopold Bénégui. Blessé au cours de la Première Guerre Mondiale, le jeune Léopold a, peu après, quitté son Béarn natal pour aller tenter sa chance à Cuba. Rejoint par sa bien-aimée, Madeleine, avec laquelle il aura 6 enfants, il gère une plantation de café près de Guantanamo. Mais Léopold meurt prématurément, en 1931, et sa jeune veuve retourne en France avec les enfants. La plantation est confiée aux bons soins d'un métayer jusqu'à ce que le fils ainé de la famille, Jean, soit en âge de rentrer à Cuba pour gérer le domaine. C'est en 1948 que Jean et sa femme Louisette, oncle et tante de Laurent Bénégui, partent s'établir sur l'île. L'auteur ira y passer des vacances en famille lors de 3 séjours à la fin des années 60, il vivra quelques jours au cœur de la jungle dans cette propriété éloignée de tout où, avec son regard d'enfant, il semble régner une totale liberté. Or, la situation est toute autre, Jean et sa femme ont connu la révolution de Fidel Castro, la ferme a été nationalisée, la nourriture est rationnée, les déplacements restreints. Jean, Louisette et leurs deux enfants finissent pas rentrer en France, mettant ainsi un terme à l'épopée familiale à Cuba. Depuis, la famille s'est brouillée, les cousins de Cuba et les Français ne se parlent plus. L'auteur a choisi de se pencher sur le parcours romanesque de son aïeul, il ne pensait pas alors découvrir une toute autre histoire que celle véhiculée par la légende familiale. A travers le destin de Léopold mais aussi celui de son frère Jean-Baptiste, qui se superposent aux vicissitudes de l'histoire de Cuba tout au long du XXe siècle, Laurent Bénégui nous offre une magnifique histoire de famille avec ses héros, ses trahisons, ses malentendus.

Nicolas Barral
Dargaud, 22€50

surunairdefadoSUne très belle fiction historique.
Lisbonne 1968, quatre ans avant la révolution des oeillets. La dictature de Salazar est faiblissante mais toujours présente. Un médecin, le docteur Fernando Pais n'est pas du genre révolutionnaire. Séducteur, il préfère s'attacher à la légèreté d'une vie sans souci. Lorsqu'il doit soigner des tortionnaires ou des victimes du régime; il choisit de ne rien voir, de ne rien entendre et déteste lorsque la réalité a trop d'emprise sur lui. Mais un jour, Fernando prend la défense d'un jeune garçon. Ce pas de côté va peut-être le placer au coeur de l'Histoire, un réveil est possible... Nicolas Barral, nous livre une bande dessinée superbe : un scénario profond et maîtrisé, des personnages complexes et attachants et un dessin réaliste et plein de chaleur. Une oeuvre réussie de bout en bout.

Yasmina Reza
Editions Flammarion, 20 €

sergerezaSEntre humour et mélancolie, Yasmina Reza dresse dans Serge le portrait d'une fratrie vieillissante.
Serge est l'aîné d'une famille de trois enfants. Doté d'un fort caractère, à la limite de la misanthropie, il ne supporte plus rien, ni son ex-femme, ni ses origines, ni sa famille, ni son âge. Lorsque sa mère meurt et sous l'encouragement de sa fille, Margot, Serge décide avec son frère (Jean, le narrateur) et sa soeur, Nana, d'entreprendre un voyage vers Auschwitz. Scène épique et absolument drôlatique du roman, ce voyage va "encrer" le roman dans une dimension plus vaste que la famille : celle de la mémoire et de la vanité tragique de la vie.
Cette comédie humaine est servie par l'écriture dynamique et vivante de Yasmina Reza, nourrie d'un comique de situation réglé comme au théâtre, et de dialogues parfaits. Non seulement Serge est drôle, acide mais il étreint aussi doucement le coeur. Parce qu'il dit des choses formidables sur la famille, le vieillissement ou la maladie, sur ces gens qui en font trop et sur les autres qui n'en disent pas assez.
Exceptionnel !

Alexandra Lapierre
Flammarion, 534 pages, 22.90€

lapierrebelleSAprès Artemisia, Fanny Stevenson et Moura, Alexandra Lapierre nous propose à nouveau de découvrir le destin passionnant d'une femme hors du commun. Sa nouvelle héroïne s'appelle Belle da Costa Greene et fut une figure marquante du monde intellectuel et artistique new-yorkais de la première moitié du XXe siècle. Belle, de son vrai nom Greener, est la fille d'un activiste noir, connu pour être le premier étudiant afro-américain d'Harvard. Richard Greener était un passionné, voué à la cause de la défense des noirs, mais un piêtre mari et père qui a abandonné sa famille pour occuper un poste en Russie. Belle, sa mère et ses frère et sœurs se retrouvent démunis et sans perspective d'avenir. Ils vont alors prendre une décision radicale et irréversible : renoncer à leur identité noire pour se fondre dans la société blanche de New York. Grâce à une peau claire et des yeux verts hérités de décennies de mélanges entre les riches planteurs et leurs esclaves, les Greener peuvent aisément passer pour des blancs. C'est là un jeu dangereux car s' ils sont découverts ils risquent la peine de mort !

Ainsi, nait une nouvelle histoire familiale où une riche famille de Virginie côtoie un aïeul portugais pour devenir les da Costa Greene. Ce nouveau statut va permettre à la fratrie de faire des études et de mener un vie mondaine au cœur de la société bourgeoise du début du XXe siècle. C'est Belle, la plus ambitieuse et la plus flamboyante de la famille, qui connaîtra le destin le plus exceptionnel. Passionnée de livres et d'art, elle entreprend des études de bibliothécaire et entre au service du neveu de J.P. Morgan, le banquier le plus en vue de New York, et un collectionneur averti. Très vite, ce dernier la repère et lui propose un poste prestigieux et inespéré : diriger la Morgan Library, la collection privée du millionnaire, riche de manuscrits anciens et de tableaux de grands maîtres ! Belle court les salles de vente, déniche des manuscrits rares, négocie avec les marchands les plus en vue en Amérique et en Europe. Très courtisée, elle multiplie les liaisons sans jamais s'engager car Belle n'a qu'une crainte que son terrible secret soit dévoilé. Avec ce roman mené tambours battants, Alexandre Lapierre nous fait découvrir une femme inoubliable.

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