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Emuna Elon, traduit de l'hébreu par Katherine Werchowski
Albin Michel, 327 pages, 21€90

maisonsurleauSYoël Blum, écrivain israélien reconnu mondialement, est invité à Amsterdam afin de rencontrer ses lecteurs hollandais à l'occasion de la traduction néerlandaise d'un de ses romans. Yoël a l'habitude des tournées de promotion et aime ces moments de partage dans des librairies ou des centres culturels. Mais, là, il hésite. Amsterdam, c'est sa ville natale. Là où ses parents se sont mariés, ont fondé leur famille, ont travaillé à l'hôpital juif comme médecin et infirmière. Mais c'est aussi là que sa famille a été persécutée, que son père a été arrêté puis déporté pendant la Seconde Guerre. C'est la ville que sa mère, sa sœur et lui, bébé, ont fui, embarquant pour une terre d'exil. En Israël, ils ont vécu à trois, sans jamais évoquer le passé. Sa mère ne lui a dit qu'une chose : "Ne Retourne jamais là-bas !" Alors, même s'il approche de la soixantaine, s'il est père et même grand-père, qu'il se sent profondément israélien, il hésite à désobéir à cette injonction entendue toute sa vie. Sa femme parvient cependant à le convaincre. Que risque-t-il tant d'années après la guerre ? Il ne connait personne dans cette ville. Yoël Blum accepte donc l'invitation et se rend à Amsterdam. Il assistera à la réception donnée en son honneur et en profitera pour visiter la ville au riche passé historique et aux musées d'art mondialement réputés. Sur place, sa femme l'entraîne au Musée historique juif. Au détour d'une salle, ils tombent sur un petit film en noir et blanc montrant un mariage dans la communauté juive. Et là, parmi les visages des invités à la noce, il reconnaît sa mère, son père disparu, sa sœur Néti qui n'est encore qu'une petite fille et un bébé aux cheveux blonds blotti dans les bras de sa mère. Qui est cet enfant ? Certainement pas lui. Avait-il un frère dont on ne lui a jamais parlé ? Bien décidé à élucider ce mystère, Yoël contacte sa sœur qui va enfin accepter de lui révéler tout un pan de son passé. Un secret bien gardé qui va bouleverser la vie de l'écrivain. Sans attendre il repart à Amsterdam sur les traces de sa propre histoire.

Sébastien Lapaque,
Actes Sud, 328 p., 21€80

lapaquesLazare est professeur d'histoire dans un lycée parisien. Un jour, sa compagne lui annonce qu'elle part voir ses parents à La Rochelle. Les jours passent et Béatrice ne revient pas. Elle ne répond pas à ses messages téléphoniques non plus. Lazare commence à se questionner jusqu'au jour où il apprend qu'elle ne reviendra pas. Lazare rencontre Lucie, une voisine, qui travaille sur la disparition des moineaux à Paris. Lazare a du mal à se sentir en adéquation avec les valeurs actuelles. Lorsque son ami Saint-Roy meurt brutalement dans un accident de voiture, Lazare sombre dans la mélancolie voire dans la dépression. C'est l'été et il décide de partir à la campagne chez Xavier le frère forestier de son ami Walter pour se refaire une santé.
A la recherche de sens, Lazare va trouver auprès de Xavier et ses comparses la voie de la spiritualité et du coup de la joie.
Ce monde est tellement beau de Sébastien Lapaque est un beau roman, lucide, intelligent, très bien écrit et au final lumineux.

Céline Curiol,
Actes Sud, 838p., 25€

curiolascensionSSélène et Orna sont deux soeurs. Tandis que Sélène vit en couple et enseigne à l'université les problématiques environnementales, Orna est célibataire et journaliste. Modé est d'origine sénégalaise, en France depuis longtemps et à l'aube d'une nouvelle période de sa vie, la retraite. Pavel est psychanalyste, séparé de sa femme et leur fille est en garde alternée. Hope est une jeune femme en quête d'identité, plutôt rebelle tandis que Mehdi, fils de la femme de ménage de Pavel, est en train de sombrer dans le fanatisme religieux. Tous sont à un moment de leur vie où ils doivent opérer des changements pour être de nouveau en accord avec eux-mêmes.
Durant une année tous ces personnages vont se croiser et créer des liens dans le quartier de Belleville à Paris.
Avec Les lois de l'ascension Céline Curiol tisse une toile d'araignée serrée et dense qui embrasse bien des problématiques actuelles. Un livre très intéressant et des personnages attachants.

Alexandra Matine
Les Avrils, 249 p., 19 €

grandesoccasionsEsther attend ses enfants et ses petits-enfants pour le déjeuner, elle a dressé une belle table sur la terrasse, mis une nappe blanche pour l'occasion. Car cela fait très longtemps qu'ils n'ont pas été réunis. Sa famille, pour Esther, c'est son oeuvre, la toile qu'elle a patiemment tissée, sa tapisserie secrète composée "de milliers de petits noeuds délicats dont parfois un, malgré elle, se brisait tic, comme une fourmi qu'on écrase." Esther est sans doute la seule à avoir envie de cette réunion familiale...
Les grandes occasions creuse avec une lucidité qui ne manque pas d'être cruelle le sujet de la famille dans ce qu'elle peut avoir de plus nocif. Impitoyable mais jubilatoire.

James Scudamore, trad. de l'anglais par Carine Chichereau,
La Croisée, 416 p., 22€

monstresanglaisSA 10 ans, Max Denyer, dont le père a une importante situation à l'étranger, entre comme pensionnaire dans un établissement  en Angleterre, fréquenté par la bonne société traditionnelle. Il y découvre un monde fait de châtiments corporels, de punitions arbitraires et de rapports ambigus sous une façade d'honorabilité. Il y noue aussi des amitiés profondes. Il n'y restera que trois ans avant de rejoindre sa famille.
Quelques années plus tard, il renoue avec ses amis de l'époque et découvre une autre facette de ces abus dont il n'avait pas conscience à l'époque. Ne serait-il pas temps de tout révéler?
Sur un thème douloureux, James Scudamore écrit un livre bouleversant sur la nécessité et la difficulté de dénoncer, tout en offrant un beau portrait de l'amitié.

Gianfranco Calligarich, trad. de l'italien par Laura Brignon
Gallimard, 215 p., 20€

dernieretevilleC'est un étrange destin qu'a connu ce roman, paru en Italie en 1973, édité trois fois, épuisé autant de fois, recherché par les connaisseurs sur les étals des bouquinistes, et enfin traduit et édité en français en 2021.
Et c'est un enchantement : enchantement de déambuler dans la Rome des années 60, celle de la Dolce Vita, de ses rues, ses bars, ses places, son fleuve, en suivant  les pérégrinations de Leo Gazzara, journaliste à la dérive, sans ambition, sans argent, entre déboires sentimentaux, échec, alcool et résignation tranquille ; enchantement de l'écriture également, nostalgique, légère et désespérée à la fois. 

Plus d'informations sur ce coup de coeur ici.

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