Hélène Carrère d'Encausse
Fayard, 442 pages, 26.95€
En 1613, les Romanov ont été portés sur le trône de Russie à l'issue de siècles tragiques où le pouvoir a été transmis ou conquis par le meurtre. De 1613 à 1917, quinze souverains dont trois femmes ont incarné la dynastie. Les Romanov ont gouverné un empire devenu le pays le plus étendu du monde – ce qu'il est encore en 2013. Cette dynastie exceptionnellement brillante, certains empereurs - Pierre le Grand, Catherine II, Alexandre II - comptent parmi les plus hautes figures de l'histoire universelle, a permis à la Russie de devenir une très grande puissance européenne puis mondiale. Pourtant, le sang n'a cessé de couler au pied du trône. De là, trois questions, l'histoire russe a-t-elle créé les conditions de cette violence ininterrompue ? Le destin tragique de cette dynastie était-il écrit dans son passé : invasions, cultures, religions diverses qui se mêlaient sur la terre russe ? Ce rapport inédit du pouvoir légitime et de la violence conduisait-il inéluctablement à la tragédie finale et au système totalitaire dont la capacité de durer et la violence furent non moins exceptionnelles ?
Historienne de la Russie, Hélène Carrère d'Encausse est membre de l'Académie française depuis 1991 où elle a été élue Secrétaire perpétuel en 1999. Elle a reçu le prix Aujourd'hui pour L'Empire éclaté (Flammarion) en 1978, le prix Louise-Weiss en 1987, et le prix Comenius en 1992 pour l'ensemble de son œuvre. Sa biographie de Nicolas II (Fayard 1996) a obtenu le prix des Ambassadeurs en 1997.
Notice de l'éditeur
Cyrille P. Coutansais
Cnrs Editions, 290 pages, 24.90 €
Pourquoi l'Angleterre a-t-elle réussi à bâtir un immense empire colonial et maritime, et non la Chine ? Comment Athènes, Rome, et Venise ont-elles successivement pris le contrôle de la Méditerranée et pourquoi Byzance n'y est-elle pas parvenue ? Pourquoi des empires maritimes naissants, comme ceux des Vikings ou des Hollandais, n'ont-ils jamais su pérenniser leur domination ? La réponse est dans cet atlas. L'auteur y raconte comment, siècle après siècle, la capacité de produire une flotte surclassant les autres et de monopoliser les échanges commerciaux a toujours été le fondement des grands imperium maritimes. Des Phéniciens aux colons britanniques, de Carthage à Zanzibar, de Philippe II d'Espagne à Napoléon, de la bataille de Lépante à celle de Midway, et jusqu'à l'hyperpuissance navale américaine, la vie et la mort des empires maritimes se déploient ici dans une fresque magistrale. Cartes et illustrations historiques à l'appui, le lecteur découvrira dans ces pages les secrets de la puissance maritime à travers les âges et ceux des grands aventuriers, marins et découvreurs qui l'ont incarnée.
Conseiller juridique à l'état-major de la Marine, Cyrille P. Coutansais est spécialiste des questions maritimes et géopolitiques. Il a récemment publié Géopolitique des Océans.
Notice de l'éditeur
Tidiane Diakité
Arléa, 234 pages, 23€
Les relations entre la France de Louis XIV et l'Afrique noire, les rapports personnels noués par Louis XIV avec certains souverains de la côte occidentale de l'Afrique sont un des aspects les plus méconnus de la diplomatie du Roi-Soleil et de l'historiographie française. C'est en effet Louis XIV qui établit les fondements de ce qui, quelque deux cent cinquante ans plus tard, allait devenir l'Afrique occidentale française. Si la traite des esclaves africains à destination des terres françaises des Antilles ne fut pas le point de départ de nombreuses expéditions, comme le montre Tidiane Diakité, elle fut bien vite considérée comme une raison de plus d'établir des relations privilégiées avec les souverains locaux. Mais Louis XIV nourrissait en outre l'ambition de faire de l'Afrique une terre catholique, et de conforter sa politique, son hégémonie et son rayonnement en Europe en combattant, sur ces terres lointaines, ses ennemis anglais et hollandais.
Le livre de Tidiane Diakité dévoile le regard porté par les contemporains de Louis XIV sur l'Afrique et les Africains, et, réciproquement, la façon dont la France et les Français étaient alors perçus par les Africains. On ne manquera pas d'y relever une résonance avec les relations entre la France et l'Afrique d'aujourd'hui.
Notice de l'éditeur
Géraldine Lenain
Picquier, 255 pages, 19€
La vie de C.T. Loo (1880-1957), dont l'élégant portrait illustre la couverture de ce livre, est un véritable roman que Géraldine Lenain, qui a pu accéder aux archives privées de la famille Loo, nous raconte avec brio. Né en 1880 dans un petit village perdu au fin fond de la Chine, C.T. Loo deviendra l'un des plus grands marchands d'art du XXème siècle. Celui qu'on surnommera "le Kahnweiler de l'art asiatique" ouvre une première galerie à Paris puis une succursale à New York. Il travaillera pour les plus riches collectionneurs et les plus grands musées, tant en Europe qu'aux Etats-Unis. Parallèlement à cette réussite professionnelle exemplaire, sa vie personnelle est elle aussi pleine de rebondissements. Arrivé en France comme serviteur d'un jeune chinois de bonne famille nommé à l'ambassade de Chine à Paris, C.T. Loo sait saisir sa chance. Il multiplie les contacts, se lie d'amitié avec des commerçants chinois installés dans la capitale, puis se lance dans sa propre affaire d'import-export d'art chinois. Marié à Marie-Rose, une jeune française, il aura quatre filles mais pas de fils, une honte pour un chinois. Mais l'année 1949 marque la fin de son commerce florissant. Les nouveaux dirigeants communistes saississent ses stocks à Shangaï et bloquent toutes les sorties d'objets d'art du territoire chinois, ses collaborateurs sur place sont arrêtés et lui est accusé de trahison pour avoir pillé les trésors de la Chine. Il ne reverra jamais son pays natal. Un document passionnant qui se lit comme un roman d'aventure tout en nous guidant dans les méandres du marché de l'art.
