Peter Longerich. Trad. de l'allemand
Héloïse d'Ormesson, 874 pages, 33.70€
Premier biographe à avoir puisé méthodiquement dans les carnets de Joseph Goebbels, Peter Longerich pénètre, par ce biais inédit, dans l'intimité du pouvoir national-socialiste. Il révèle ainsi, de l'intérieur, la pathologie narcissique de l'architecte de la propagande nazie, et dévoile les relations complexes qui l'unissaient à sa femme et à Hitler - évoquant même un triangle amoureux. Simultanément, il souligne le rôle endossé par Goebbels d'inconditionnel du Führer jusque dans le suicide. Enfin, s'appuyant sur les enregistrements de ses discours, l'historien explore les rouages de la «méthode Goebbels», manipulation des masses et démagogie, qui a façonné l'opinion publique allemande, entièrement contrôlée par le parti.
Somme monumentale, la biographie de Joseph Goebbels démonte pièce par pièce la machine du concepteur de la «guerre totale», à l'origine de ce régime camisole, et met à nu la sidérante personnalité de l'un des hommes les plus influents du IIIe Reich.
Notice de l'éditeur
Bruno Colson
Perrin, 497 pages, 28.40€
Durant quatre jours, du 16 au 19 octobre 1813, plus de 500 000 hommes combattent autour de Leipzig, faisant de cette bataille la plus grande jamais livrée jusqu'alors. Géante par ses proportions, Leipzig l'est aussi par son enjeu puisque son issue va décider du sort du Grand Empire, édifié par Napoléon à coups de victoires depuis Austerlitz. Face aux 200 000 combattants de la Grande Armée, les Alliés russes, autrichiens, prussiens et suédois parviennent à mobiliser plus de 300 000 hommes et, à l'issue d'une première journée indécise, à infléchir le cours des événements en leur faveur. La défaite se transforme en déroute, condamnant les Français à refluer sur le Rhin.
Pour raconter cette «bataille des Nations», Bruno Colson a fait le choix d'enrichir la vision stratégique et tactique par un récit au plus près des combattants, tant alliés que français. Il nous fait plonger directement dans l'enfer des affrontements, racontés heure par heure, avec des détails rarement donnés, puisés à des sources inédites ou méconnues. Par sa durée et son étendue, Leipzig offre une grande variété de types de combat et permet de mieux comprendre ce qui se passait vraiment dans une bataille napoléonienne. En découle une lecture d'une rare intensité qui renouvelle en profondeur l'histoire de la guerre.
Un livre novateur qui fera date.
Notice de l'éditeur
Patricia Bouchenot-Déchin
Fayard, 655 pages, 30.30€
André Le Nôtre ? Un nom connu de tous, associé à un siècle, le XVIIe, à un roi, Louis XIV, à un art, celui des jardins. Même si la légende est belle, ce petit-fils de jardinier du roi et fils de dessinateur des jardins de Sa Majesté n'a jamais été cet homme que l'on dit parti de rien, bêche et chapeau à la main.
Héritier de deux charges royales et d'une clientèle prestigieuse, Le Nôtre développe ses talents en se frottant aux esprits cultivés de son temps avant de devenir contrôleur général des Bâtiments, Arts et Manufactures de Louis XIV. Protégé des Guise et des Orléans-Longueville, proche des milieux précieux et
scientifiques, formé par Vouet, influencé par ses rencontres avec Poussin et le Bernin, Le Nôtre sert soixante-cinq années durant plusieurs générations de monarques et de particuliers. Gaston d'Orléans, les Condé, Guillaume III d'Orange mais aussi Fouquet ou l'ensemble du clan Colbert : rebelles au pouvoir
royal, ennemis de Louis XIV, ministres et courtisans, tous font appel à lui. Son intelligence hors du commun, sa force de travail surprenante et son équipe de praticiens, liée à sa famille depuis des décennies, lui permettent de conquérir le plus exigeant : Louis XIV.
Sa passion pour la grandeur et son obsession pour le naturel marquèrent profondément l'ensemble de ses réalisations, renouvelant de manière féconde l'art des jardins. Connaisseur de l'antique et collectionneur acharné de modernes, il a enrichi notre patrimoine national en léguant au roi les chefs-d'oeuvre de sa collection. Le Nôtre, qui cultivait les paradoxes, réussit le tour de force d'acquérir «de la gloire et de l'honneur» tout en demeurant simple et libre. Dans cette biographie richement documentée, Patricia Bouchenot-Déchin nous retrace avec brio l'extraordinaire histoire d'un homme qui inspira le monde entier.
Notice de l'éditeur
Charles Zorgbibe
De Fallois, 398 pages, 26.95€
Une intelligence rapide, un charme et une courtoisie toujours prêts à se déployer. Une inclination à la paix, prouvée lors des crises de Tanger et d'Agadir - et qui ne disparaît qu'en 1913, dans un grand mouvement romantique, lors de la célébration du centenaire de la guerre de libération prussienne contre Napoléon. Mais aussi une profonde division intérieure, une fragilité nerveuse et physique. Une tension constante afin de surmonter son handicap de naissance - ce bras atrophié et paralysé qui fait de lui, selon son précepteur, le soldat le moins apte physiquement qu'ait jamais compté l'armée allemande... D'immenses pouvoirs personnels et l'angoisse de ne pas être en mesure de les assumer.
À la veille de la Grande Guerre, Guillaume II avait réussi sa «politique mondiale» : l'Allemagne, dernière arrivée dans la compétition impérialiste, était présente en Afrique, au Proche-Orient, en Chine, dans le Pacifique-Sud et ses émigrés formaient des communautés dynamiques dans les deux Amériques.
L'Allemagne était toujours une nation militaire mais, portée par la discipline et le talent de ses chercheurs, de ses cadres économiques et de ses ouvriers, elle était au premier rang de la science et des industries chimique et électrique, qui partaient, elles aussi, à la conquête du monde - dans l'atmosphère pluraliste tissée par une presse et un parlement incisifs et remuants.
Survint le cyclone du premier conflit mondial, qui brisa l'irrésistible avancée allemande vers l'hégémonie. Son oncle anglais, Édouard VII, disait de
Guillaume II qu'il incarnait «le plus brillant fiasco de l'Histoire».
Notice de l'éditeur


