Ced et Stivo, Mystery (2 tomes), Makaka


1938, Chicago. Jerry Jingle est un présentateur météo hors normes. Grand, calme et réservé, jamais il ne se trompe. Et pour cause: il est doté de pouvoirs extraordinaires qui lui permettent, entre autres, de sauter par-dessus les nuages. Mais l’équilibre de la ville semble compromis par l’arrivée de dinosaures et de robots hypersophistiqués… Jerry enfile alors un masque et un t-shirt au logo inversé pour affronter le Geek, méchant voyageur temporel… et pour peut-être enfin conquérir le cœur de Margot Muffin, secrétaire aventureuse. Ce super-héros attachant continue de nous amuser dans le deuxième tome (La relève), où il s’entraînera avec le FBI afin d’intervenir dans la guerre qui ravage l’Europe.
Ces deux aventures palpitantes et drôlissimes (y compris pour les adultes qui laisseront leurs yeux parcourir ces pages) réinventent l’imagerie et les références des comics en nous offrant des personnages hauts en couleur! Deux tomes (pour l’instant) à dévorer dès 10 ans chez la petite (mais très chouette) maison d’édition Makaka.
Jeff Lemire et Dustin Nguyen, Descender. Étoiles de métal, Urban Comics
Niyrata, centre du CGU (Conglomérat Galactique Unifié), est prospère et en paix, jusqu'à l'attaque des Moissoneurs, premier soulèvement des machines. Dix ans, plus tard, la galaxie se remet petit à petit de ce trauamatisme, dans un climat de méfiance envers la technologie. Sur la lune de Dirishu-6, Tim-21 petit droïde de compagnie se réveille et se lance à la recherche d'Andy et de "Maman". Il ne le sait pas encore mais ses circuits détiennent un secret qui deviendra rapidement le centre de toutes les attentions (bonnes ou mauvaises).
Au dessin, Dustin Nguyen (qui c'était déjà fait remarquer en signant certains chapitres de Batman Eternal) se distingue par un dessin expressif et délicat, simplement aquarellé, cadrant avec justesse à l'ambiance du récit. Au scénario, Jeff Lemire joue avec les codes de la science-fiction, sans jamais les transformer en clichés, et livre une histoire très humaine et pleine de questionnements contemporains. Entre technologies, mensonges et péripéties, le tome 2 nous révélera peut-être si les robots rêvent aussi...
Des bulles pétillantes et piquantes, c'est notre sélection BD

- Le Petit Poilu. Superpoilu, de Céline Fraipont chez Dupuis: la plus célèbre des bédés sans parole revient avec le thème des super-héros. Mais si le courage et la force ne se retrouvaient pas dans les collants et les capes?
- Aliénor Mandragore. Merlin est mort, Vive Merlin, scénario de Séverine Gauthier, illustré par Thomas Labourot: l'aventure pétillante de la jeune Aliénor, fille de Merlin, qui revisite les légendes de Brocéliande pour sauver son enchanteur de père. Hilarant dès 9 ans.
- Tempête au haras, adapté de son roman éponyme par Chris Donner, illustré par Jérémie Moreau: l'histoire poignante d'un jeune garçon dont la passion lui permettre de surmonter toutes les épreuves de la vie. Dès 10 ans.
- Le chateau dans les étoiles, deux tomes parus, signés Alex Alice chez Rue de Sèvres : l'histoire fascinante "à la Jules Verne" d'un jeune garçon passioné par l'éther et ses mystères. Le magnifique dessin d'Alex Alice souligne la finesse et l'intelligende de l'aventure. De 10 à 110 ans.
- A Samedi!, texte d'Hubert Ben Kemoun et illustrations de Zaü, chez Rue du Monde: Avec ce roman graphique, ces deux grands noms de la littérature jeunesse dressent des portraits humains et touchants d'hommes, de femmes, d'adolescents entre déceptions et espoirs, entre peines et joies. A partir de 12 ans.
Jane, le renard et moi, I. Arsenault et F. Britt, éd. La pastèque
En ce début de printemps, nous vous proposons un petit retour en arrière, en 2012 quand nous avions été charmés par une BD pas comme les autres. Jane, le renard et moi d’Isabelle Arsenault relève autant du roman graphique que de la bande dessinée classique. Le texte est signé par la poétesse Fanny Britt (que l’on retrouve à la traduction du très chouette Les affreux chandails de Lester). Diplômée en 2001 en design graphique à Montréal, Isabelle Arsenault a toujours travaillé dans l’illustration. Lors de la publication de Jane, elle explique qu’elle n’avait aucune attente quant à sa réception. Considérant que c’était une œuvre hybride, ni réellement enfantine, ni totalement adulte, elle fut agréablement surprise de constater le succès de l’album auprès des jeunes et des moins jeunes.
C’est sans doute là que réside toute la force de l’œuvre : deux niveaux de lecture. La première constitue une lecture littérale, facile d’accès pour les enfants dès 10-11 ans. Hélène, l’héroïne, est victime d’harcèlement à l’école. Dans le bus, pour éviter de croiser le regard des autres et se donner une contenance, elle se cache derrière Jane Eyre. Concentrée, elle admire la force de vivre de cette femme. C’est là qu’intervient le deuxième niveau de lecture. Une lecture poétique et sensible qui revisite le classique de Charlotte Brontë. Les dessins, en noir et blanc pour Hélène, se teintent d’orange vif ou de vert pomme lorsqu’intervient la courageuse institutrice. Elle alterne ainsi entre finesse et fausse naïveté. Une prochaine collaboration avec Fanny Britt est en cours de réalisation et devrait paraître d’ici deux ans. Nous restons convaincus qu’un aussi beau trait de crayon séduira un large public, quelle que soit sa lecture.
