Benjamin Deman,
L'Harmattan, 138 p., 15€
On parlait d’amour est un très beau recueil de nouvelles. Benjamin Deman y cueille des tranches de vie courtes qui en disent bien long. Elles sont pleines de mélancolie, racontent des couples qui s’aiment encore, qui ne s’aiment plus, qui voudraient s’aimer encore. Elles racontent des pères et des fils qui se sont ratés. Des monsieur, madame tout le monde, des faibles, des perdants. Mais comme Benjamin Deman les aime, il les traite avec une délicatesse extrême et on les aime aussi, beaucoup. Oui, on parle d’amour !
Liam McIlvanney,
trad. de l'anglais parDavid Fauquemberg, Métaillié, 400 p., 21€
Glasgow, 1969, trois jeunes femmes ont été assassinées après avoir passé une soirée en boîte de nuit. Dans la ville la psychose s'installe. La police est à cran et l'enquête piétine. Pourtant des témoins ont décrit un homme vu en compagnie des victimes. Un portrait-robot circule. C'est celui-ci d'un jeune homme aux airs de gendre idéal que la presse surnomme "le Quaker". Après plus d'un an d'enquête sans résultat, l'inspecteur Duncan est chargé de reprendre le dossier et d'analyser le travail de ses collègues. Une position bien inconfortable pour Duncan. Un polar passionnant où la ville de Glasgow, et ses quartiers en pleine mutation, joue un rôle important.
Pierre Assouline
Gallimard, 290 p., 20€
Louis Lambert est professeur de français dans un lycée parisien. Il est aussi feru de littérature anglaise et surtout de Rudyard Kipling. Le célébre poème If du romancier anglais qui s'achève pas ces mots "Tu seras un homme, mon fils" l'obsède. Il rêve d'en faire la traduction la plus juste. Lors d'un séjour dans le Sud de la France il loge dans le même hôtel que son illustre idole. Les deux hommes font connaissance et Kilpling propose à Louis de donner des cours de français à son fils, John. Lorsque débute la Première Guerre Mondiale, John Kipling n'a qu'une idée en tête, s'engager, malgré une myopie sévère à cause de laquelle il a été réformé. Il souhaite ainsi faire la fierté de son père. Après quelques mois dans les tranchers, John est victime d'un tir d'obus. Son corps ne sera jamais retrouvé. La perte de son fils, l'impossibilité d'un deuil sans tombe, vont profondément affecter Rudyard. Avec en toile de fonds le poème et la destinée de son fils, Pierre Assouline dresse le portrait de l'auteur du Livre de la Jungle.
Caroline Valentiny
Albin Michel, 17€65, 185 p.
Alexis, 20 ans, vient de mourir. Enterré dans un petit cimetière de campagne, il perçoit encore un petit peu des palpitations du monde autour de lui : le bruissement de la nature, le pas des visiteurs, surtout celui de sa petite soeur qui vient lui parler en cachette. De cet entre-deux étrange, il nous fait entendre sa voix : que fait-il là?, il ne s'en souvient plus. Dans le même temps, sa mère cherche à comprendre : pourquoi son fils, certes très sensible mais si plein de vie, a-t-il apparemment mis fin à ses jours?
Un premier roman exceptionnel qui explore avec infiniment de sensibilité, d'une plume sensorielle et aérienne, la zone brumeuse entre la vie et la mort, et le mystère d'une existence.
