Benjamin Hoffmann
Traduit du français par
Editeur : Denoël Réserver ou commander
Sabotages, calomnies, vols, injures, dans le décor feutré des universités de la Côte Est ou dans la rudesse d’un campement en plein Far West, voilà qui feraient les ingrédients d’un roman d’aventures sorti de l’imagination d’un auteur inventif. Sauf que tout est vrai ! Voici l’incroyable histoire de Charles Marsh et Edward Cope, deux savants des années 1860, pionniers de la paléontologie, aventuriers à la recherche de fossiles de dinosaures, aux égos surdimensionnés qui, au lieu de collaborer pour faire progresser leur science naissante, se sont livré toute leur vie une lutte sans pitié, restée dans l’Histoire comme La Guerre des Os. Dans ce récit jubilatoire, Benjamin Hoffmann nous raconte cette rivalité légendaire qui tourna parfois à l’absurde.
Anne-Solange Muis
Traduit du français par
Editeur : Phébus Réserver ou commander
Yoann est né à Miquelon, cette île française perdue dans l'Atlantique Nord. A huit ans, il quitte l'île pour Paris lorsque sa mère se sépare de son mari, Jean. Yoann ne reverra jamais ni son père ni sa terre natale. Il grandit avec un sentiment d'abandon et de trahison. Lorsque des années plus tard il reçoit un appel téléphonique de Miquelon, il apprend par son oncle Michel que Jean est mort. Les deux frères étaient inséparables. Voisins, ils travaillaient aussi ensemble comme pêcheurs. Sur Miquelon, la vie est rude, la météo capricieuse, l'avenir sombre mais les habitants sont attachés à leurs traditions. Yoann hésite puis décide de se rendre aux funérailles de ce père dont il se souvient à peine. Il rencontre Michel, un homme bourru, taiseux, travailleur et terriblement solitaire. Mais lui seul pourra lui parler de Jean et de son île.
Anne Savelli
Traduit du français par
Editeur : Inculte Réserver ou commander
Bruits d’Anne Savelli et publié aux éditions Inculte est un texte fou, vertigineux, matriciel. Sur 370 pages, l’autrice va scander chaque minute d’une journée à travers les sons, les bruits d’une ville.
Qui aura la patience verra s’opérer sous ses yeux, par ses yeux, une curieuse et triple alchimie, celle de l’œil et de la phrase, du lu et de l’écrit, de l’écrit et de l’entendu. Le regard s’habitue, devient aussi hagard que le mot, aussi saturé que la phrase. Des bruits sont émis, se chevauchent, saturent l’espace de la ville et des pages. Ce qui est laissé à notre lecture et à notre écoute ? Le quotidien de travailleurs, d’une femme dans le coma, d’une petite fille abandonnée à elle-même, de flics, d’humains désolés et perdus, proches de la cessation, d’un chat et bien plus encore. Chaque être compose une partition, et cette partition dessine une géographie. C’est bouillant de bruits, mais ce n’est pas seulement du brio : dans ce livre, le bruit est politique, sociologique, littéraire, il dit quelque chose. Il est recherche. Il écrit le temps. Il nous dit que tout est peuplé, chaque interstice, chaque minute, chaque seconde et parallèlement, certains personnages frôlent l’invisibilisation. Cette dichotomie entre la saturation, le plein, et l’invisible, l’évanouissement, la désintégration, est véritablement passionnante. Les sons saturent l’espace, oui, des paragraphes se recollent, s’envolent, se remplacent, s’ignorent, s’amputent. Et soudain, aucune autre présence que celle des personnages en pleine recherche, devant lesquels nous nous effaçons, pour leur laisser la parole, pour entendre leurs maux, leurs pensées, leur solitude.
Grand mouvement littéraire et sonore.
Jane Sautière (texte) et Marie Sordat (photographies)
Traduit du français par
Editeur : Les inaperçus Réserver ou commander
Dans ce monde en feu, nous pouvons malgré tout effleurer la joie de l’émerveillement. Les traversées de lumière, l’odeur du jasmin, un oiseau, une fleur, pour ainsi « nous laisser neufs, explosifs, affamés de vie, en apprentissage ».
Quelle grande douceur que ce « Adventices », journal de bord de Jane Sautière (accompagné des photos de Marie Sordat), qui ouvre grand les yeux sur les horreurs du monde, ses crasses et ses hontes tout en contemplant sur le même versant, nos résistances, nos liens, nos mouvements, ce qui fait œuvre dans nos jardins et dans nos veines.
« J’écoute Wajdi Mouawad sur le site du Collège de France.
Une grande chance d’être reliés aussi au monde de la pensée si facilement. Je me souviens du premier confinement et de la sidération qui l’accompagnait. Wajdi Mouawad produisait une chronique sur le site du Théâtre de la Colline tous les soirs à 19 heures et j’attendais ce moment comme celui d’une ouverture sur l’extérieur qui n’était plus accessible. Je buvais un verre et je glissais vers un état de joie pure, celle d’avoir forcé un barrage, d’avoir échappé à l’engluement, un go fast immatériel, une réjouissance. L’alcool et les mots de Wajdi Mouawad comme sources égales d’ivresse.
Ce soir aussi. Parce que, dit-il, "ça écrit déjà avant d’écrire".
Parce qu’il raconte l’histoire du petit garçon qui s’étonne de voir le sculpteur tailler dans le bloc de marbre un cheval : "mais comment as-tu su que le cheval était dans ce bloc ?" questionne l’enfant. Car, bien sûr le cheval y était avant et attendait le sculpteur pour émerger. »
