La cache, Christophe Boltanski
Ed. Stock, 22€45

En décrivant l'hôtel particulier de ses grands-parents, rue de Grenelle, c'est surtout le portrait du clan Boltanski qui émerge: ce lieu est un refuge, l'antre, la matrice de cette famille soudée mais vulnérable. Ce lieu excentrique et foutraque où l'on vient se réchauffer est le terreau de la créativité familiale. Cette visite où, comme au jeu de Cluedo, on cherche de pièce en pièce les secrets, a le charme fou de cette famille singulière.
- Prix Femina 2015-
Une vie entière, Robert Seethaler
Trad. de l'allemand, Sabine Wespieser, 18 €
Une vie entière, c'est l'histoire d'un homme simple, avec ses tragédies et ses joies infimes. Andreas Egger, orphelin, recueilli à 4 ans par un oncle violent, mène une vie de labeur, grandit au contact de la terre, commence à travailler pour l'entreprise des téléphériques, rencontre Marie, l'amour de sa vie. Mais les choses peuvent-elles en rester là? Andreas, sans jamais se plaindre, n'a que le choix d'avancer, tracer sa route, apprécier le peu qui lui est donné. C'est un portrait bouleversant d'un homme humble, débordant d'émotions et de délicatesse.
Une certaine vision du monde, Alessandro Baricco
Trad. de l'italien, Gallimard, 19€50

C'est fin, c'est léger, c'est drôle et surtout cela donne envie de se ruer sur tous les livres dont l'auteur nous parle : que ce soit un essai sur les stratégies footballistiques ou un roman de Truman Capote, une étude sur la guerre du Péloponnèse, un polar de Fred Vargas, l'autobiographie d'Agassi, "Disgrâce" de Coetzee, "La peau" de Malaparte, "Le discours de la méthode" ou bien d'autres. A travers ce voyage éclectique, c'est une certaine idée du monde -celle de l'auteur- qui apparaît. Un régal!
Neely Tucker. Trad. de l'anglais
Gallimard, Série noire, 334 pages, 21€
Washington, décembre 1999. Sarah Reese, 16 ans, est retrouvée morte dans une ruelle. La jeune fille sortait de son cours de danse et, en attendant l'arrivée de sa mère, était allé s'acheter quelques bricoles dans une petite supérette. La caissière est la dernière personne à l'avoir vue vivante. Elle se souvient que l'adolescente était effrayée par trois jeunes noirs qui l'importunaient et qu'elle avait quitté le magasin par la sortie de secours donnant sur la ruelle où la jeune fille a été retrouvée.
Toute la ville est en émoi, d'autant que Sarah Reese n'est pas n'importe qui. C'est la fille d'un juge haut placé de la capitale. Toutes les forces de police sont mobilisées pour retrouver les trois jeunes. De son côté, Sully Carter, journaliste dans une grand quotidien local, est chargé de dresser le portait du quartier et de décrire l'ambiance qui y règne après cette macabre découverte. Carter découvre alors que Sarah n'est pas la première jeune fille à y être tuée, sans parler des adolescentes disparues. Mais celles-ci n'étaient ni blanches ni riches et la police semble avoir été moins prompte à réagir. Bien décidé à creuser cette voie, Carter se heurte à la désapprobation de sa hiérarchie qui préfère, elle aussi, consacrer sa une à la mort de la fille d'un juge. Mais Carter est un vieux briscard et il ne laissera pas tomber si facilement...
