Un capitaine américain, Jacob Michael Lenz, également avocat et ornithologue, est envoyé en 1947 dans la ville de Brême pour contribuer à l’opération de dénazification du pays. Une fois là-bas, au gré de ses errances et de sa participation à une obscure et absurde commission, il apprend que, dans la forêt aux abords de la ville, des oiseaux qui ont entendu des années durant un chant nazi, le reproduisent à la perfection et le transmettent aux oisillons. On lui demande de réfléchir à un procès : celui des oiseaux, celui de la forêt et d’assurer leur défense.
Qu’est-ce qui reste et perdure ? Que peut-on effacer, oublier, condamner ? Les situations sont-elles d’une grande gravité ou absolument risibles ? « Une forêt » est un roman extraordinaire par son sujet, ses interrogations, et par sa façon d’évoquer les ruines (les pages consacrées aux promenades de Lenz sont magnifiques), les matières, les odeurs, la léthargie, les engourdissements...C’est un roman qui n’enferme jamais ses interprétations et qui, constamment, s’ouvre aux questions, aux réflexions, aux mouvements de l’innocence et de la culpabilité. Ne pourra-t-on jamais vivre dans un monde nouveau ? Débarrassé, innocenté, lavé ? Silencieux ?
Un texte sidérant et remarquable.
Une forêt
Jean-Yves Jouannais
Traduit du français par
Editeur : Albin Michel Réserver ou commander
