Assise dans le parc Berzelii, à Stockholm, Nina Stjärne pense à sa demi-soeur et à Panic Beach, la plage de leur enfance marquée par des jeux solitaires et l'ombre de leur père. Cent ans plus tôt, leur histoire familiale débutait là, faite de trahisons et de violence, de Stockholm à La Nouvelle-Orléans.
« Parfois, quand je vois mon reflet tremblant dans le petit étang devant l’hôtel-restaurant Berns, j’ai l’impression d’avoir un faon mort pendu autour du cou, mais dès que je bouge, il disparaît dans le mouvement de l’eau »
Nina Stjarne se remémore la plage éternelle de ses étés. Elle se souvient de sa demie-soeur, disparue depuis et des membres de sa famille, des astres noirs qui ont trahi, menti, abusé, bu, aimé, adoré.
C’est un roman où la moindre figure s’inverse, qui sont les enfants ? qui sont les adultes ? Où est la vie ? Où est la mort ? Où sont les noirs secrets ? Où est l’enfer ? Adieu Panic Beach, est empreint d’un chagrin infini, et parce que la peine est immense, ses phrases sont superbes. Elles suintent de beauté et de désespoir. Il y a des images belles et cruelles comme des couteaux, une construction qui tourbillonne et se resserre sur nous, lecteurs.
Constamment les frontières sont mouvantes, la vérité, les mensonges, les démissions, la liberté, la solitude. Le danger n’est jamais loin. L’atroce, les monstres, un père, la vie, pourtant, qu’il faut débusquer J’ai rarement lu des textes aussi beaux sur le thème de la culpabilité, l’ivresse, les fautes impardonnables. (« Je ne sais pas à quoi Matti fait allusion ce soir-là, mais parfois je me dis que c’est pour cela que les enfants font des choses terribles, c’est comme un rêve d’amour inconditionnel, faire le pire, puis être pardonné)
Les secrets sont noirs et piquants, et Nina est effrayée à l’idée de les rendre transparents. Cherche-t-elle la paix, la vie, des réponses ? Sa mélancolie est un vêtement qu’elle ne pourra jamais arracher.
"Adieu Panic Beach" est une splendeur.
