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Louis Adran
Traduit du français par
Editeur : Cheyne
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nuletesouslesfleurs« Mais je ne me souviendrai de rien »

Dans « Nu l’été sous les fleurs » (précédé de « Traquée comme jardin ») de Louis Adran (pseudonyme d’Alexandre Valassidis), quelque chose a été et a disparu : un lieu, un paysage, un souvenir, un amour. Tout n’est que surgissement, effleurement, vapeur, doute.
Ses poèmes sont innervés par le fugitif, l’incertitude et le livre dans son entièreté, inlassablement, cherche tout à la fois son point d’ancrage et son point de fuite. Il questionne la matérialité du souvenir.
Les linges, foulards, robes, jupons, pansements, ou bien des baisers ont marqué des peaux.
La nature, les animaux, les couleurs ont marqué des pupilles. Et la main ? elle tente d’écrire (son terrain vague entre autres), de retenir, pour finalement renoncer (« je n’écrivais pas, je n’écrivais rien). Et pourtant, il y a ce recueil, plein de présences fantômes, de phrases qui se taisent, ou qui renoncent, qui fuient. Les temporalités bougent sans cesse et coulent, ce qui a été présent a disparu ou a été détruit (l’effraction, la guerre) , le lieu de l’enfance peut-être (Baabda), ou le temps de l’amour, ou du chagrin. Les temps ne sont ni contenus ni retenus par le tracé d’une phrase. C’est diffus, aérien, vaporeux
C’est un livre qui semble n’être sur aucune rive : ni celle du passé, ni celle du présent, ni celle des vivants, ni celle des morts. On croit y lire une déchirure sous le voilage de ses phrases. La syntaxe est à ce sujet magnifique, tout en évanouissement et disparition. Lorsque le mot apparaît, il se blottit dans la gorge ou est déjà un souvenir évaporé. Mais l’absence, pourtant, est battante et pulse sur chacune des pages. Quelque chose attire, retient, amarre. Sans doute le mystère. Sans doute les interrogations. Sans doute les suppositions.
Nu l’été sous les fleurs, est un coffre-fort, tout à la fois passionnant et presque impossible à percer. Voici sa beauté.