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Hugues Pagan,
Editions Rivages. 20€50, 386 p.

carreindigentsSL'inspecteur principal Schneider revient dans la ville où il a officié dix ans plus tôt. Hanté par l'Algérie où il a combattu, il est, dès sa prise de fonction, confronté à la disparition et au meurtre de Betty, jeune adolescente sans histoire. Dans le « Bunker » où il officie (le commissariat), la progression de l'enquête se fera à hauteur d'homme : les âmes sont taciturnes, désabusées, mais entêtées, l'aspect criminel de l'affaire aura tout à voir avec la folie des hommes, ce qu'elle génère d'inavouable, ce qu'elle dit aussi de la société (on est en 1973, peu avant la mort de Pompidou).

Entrer dans le nouveau roman d'Hugues Pagan, c'est d'abord être saisi par l'orfèvrerie de son écriture. Il y a une attention portée sur les détails et les ambiances. Ainsi croise-t-on des phrases telles que "La lumière du matin détaillait les êtres et les choses avec une netteté particulière, une sorte de cruauté paisible que nimbait cependant une étrange douceur distante" ou encore "Il alluma une cigarette derrière ses paumes. En levant son regard, il fut surpris par l’image qui lui sauta au yeux, surgie de la pénombre extérieure, celle d’une ombre au vaste front, aux orbites caves déjà remplies d’ombres, mais où luisait encore la férocité instinctive de quelque maigre et farouche bête de proie. Aussitôt, il éteignit son briquet, dont le claquement du capot évoquait le bruit sec et précis d’une culasse qu’on arme." Les descriptions sont ciselées, inédites (l'écriture, ça peut donc aussi être cela), quasiment foudroyantes. Dans  Le carré des indigents, la langue est belle, les ciels bas et les regards vides. Le livre relève tout aussi bien du polar (un meurtre, une enquête, un commissaire taciturne) que du blues. De chaque page s'élève une mélodie, enveloppante, entêtante, presque oxymorique : plus la lumière sera faite sur l'enquête, plus les personnages plongeront dans l'obscurité. De cette âpreté, naît une intrigue implacable, non dénuée cependant d'ironie ou d'humanisme, Hugues Pagan est sociologiquement brillant lorsqu'il souligne l'invisibilité des petites gens.

 

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