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Carmen Maria Machado, trad. de l’anglais (Etats-Unis) par Hélène Cohen.
Editions Christian Bourgois

maisonreveemachadositeLe récit de Carmen Maria Machado est saisissant. Il étonne et nous kidnappe vers un ailleurs littéraire et intime, surprenant, innovant et audacieux. Elle y raconte la relation toxique qu’elle a entretenue, alors qu’elle était encore une écrivaine débutante, avec sa compagne de l’époque. Jalouse, violente, paranoïaque, celle-ci enferme Carmen Maria Machado dans un piège dont elle a toutes les peines à sortir.

Il y a tout d’abord ce sentiment d’inquiétude et d’étouffement à mesure que le récit progresse. L’autrice américaine transcrit cet abus et cette violence morale inouïe et dit très bien la monstruosité cachée sous la peau de la femme qu’elle aime, la violence qui monte, les humiliations, la jalousie, l’explosion. Mais comme dans toute architecture (puisque tout le livre emprunte à la métaphore architecturale - raconter une expérience, l’inaudible, qu’est ce que c’est ? c’est entrer dans une maison, et radiographier l’archive, comme on monterait les centaines d’étages d’une maison), des strates se succèdent. La première étant le récit intime, la seconde strate étant celle du politique et de la sociologie. Elle parle admirablement de la souffrance qu’on tolère, de la souffrance qu’on ignore au regard d’une communauté qu’on a peur de tromper, trahir, décevoir ou d’abimer. Qu’a-t-on le droit de dire ou d’exprimer ? Il y a ce qui ne se raconte pas, ce qui n’a jamais été raconté, ce qu’on a peur de raconter. Alors comment le dire ? Y-a-t-il quelqu’un en mesure d’écouter ?

Mais il y a la fiction, ou plutôt les fictions et Carmen Maria Machado nous épate, elle n’a peur d’aucun genre littéraire. Elle rend compatible des passages qui à priori ne le sont pas. Le sens est là dans l’éclectisme et les virages brutaux de ses propositions. Dans la maison rêvée, c’est le pouvoir de l’articulation, entre l’expérience, le trauma, la fiction et l’expérience littéraire. Et le lecteur pense, "je n’ai jamais rien lu de pareil". Elle peut tout aussi bien citer Star Trek que les contes de fées, raconter son expérience "à la manière" d’un roman d’apprentissage, d’un livre de développement personnel, ou d’une chanson pop. Dans la maison rêvée est une oeuvre protéiforme, vibrante d’émotions et un véritable envoûtement littéraire.

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